| Issue |
Pédagogie Médicale
Volume 25, Number 1, 2024
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|---|---|---|
| Page(s) | 27 - 40 | |
| Section | Recherche et Perspectives | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/pmed/2024001 | |
| Published online | 15 mars 2024 | |
Implication des patients dans l’évaluation multisource : élaboration et évaluation d’un outil de rétroaction destiné aux résidents en médecine familiale
Patient involvement in multi-source feedback: development and evaluation of a feedback tool for family medicine residents
Département de médecine familiale et de médecine d’urgence, Université de Montréal, Montréal, Canada
* Correspondance et offprints : Lysiane Dallé 4201 rue Ontario Est, H1V 1K2 Montréal (QC), Canada. Mailto : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Reçu :
2
Mars
2022
Accepté :
9
Janvier
2024
Résumé
Contexte : Le comité de compétences du programme de résidence de médecine familiale de l’Université de Montréal planifie l’introduction des patients dans l’évaluation multisource. Plusieurs études ont mis en lumière la valeur pédagogique de cette évaluation, mais les étudiants impliqués ont soulevé plusieurs enjeux liés à la rétroaction obtenue par les patients. Aucune étude ne s’est encore penchée sur la perspective des résidents en médecine familiale. Buts : Examiner les enjeux identifiés par nos résidents en médecine familiale face à l’utilisation d’une fiche de rétroaction conçue pour impliquer les patients dans l’évaluation multisource. Méthodes : Une fiche de rétroaction pour les patients a été testée durant trois mois par 13 résidents de médecine familiale dans trois cliniques du réseau de l’Université de Montréal. Nous avons ensuite tenu des groupes de discussion focalisée et avons procédé à une analyse thématique descriptive. Résultats : Un total de 30 patients ont rempli notre fiche de rétroaction (taux de réponse de 26 %). Les résidents ont jugé la rétroaction des patients pertinente. Les principaux risques soulevés étaient l’utilisation de l’évaluation à des fins de sanction et l’impact sur le lien thérapeutique. La principale barrière identifiée était la difficulté à recruter des patients. Une liste de 13 solutions a été proposée pour l’introduction des patients dans l’évaluation multisource. Conclusion : Les résultats permettront de peaufiner la fiche de rétroaction et faciliter son intégration dans le programme de résidence. La participation des patients à la formation des médecins de famille pourrait leur offrir une opportunité concrète d’améliorer la qualité des soins.
Abstract
Background: The competence committee of the University of Montreal family medicine residency program plans to introduce patients in multisource feedback by 2023. Several studies have succeeded in highlighting the educational value of multisource feedback, but the students involved raised several issues related to the feedback obtained by patients. More data appears necessary, as no study has looked specifically at the perspective of family medicine residents. Goals: To examine the issues identified by our family medicine residents regarding the use of a feedback form designed to involve patients in multisource assessment. Methods: A patient feedback form was tested by 13 family medicine residents in three clinics in the University of Montreal network over a three-month period. We then held focus groups and conducted a descriptive thematic analysis. Results: A total of 30 patients completed our feedback form (26% response rate). Residents considered patient feedback relevant. The main risks raised were the use of evaluation for sanctioning purposes and the impact on the doctor-patient relationship. The main barrier identified was the difficulty in recruiting patients. A list of 13 solutions was proposed for the introduction of patients in multisource feedback. Conclusion: The results will make it possible to refine the observation feedback form and its procedure for use. The participation of patients in the training of family physicians could offer them a concrete opportunity to improve our quality of care.
Mots clés : évaluation multisource / résidents / médecine familiale
Key words: multisource feedback / residents / family medicine
© SIFEM, 2024
Introduction
Contexte et problématique
La faculté de médecine de l’Université de Montréal s’est engagée en 2005 à transformer le cursus de formation pour adopter une approche par compétences inspirée du référentiel de compétences CanMEDs. Rapidement, le programme de résidence en médecine familiale a mis sur pied un nouveau curriculum basé sur le développement de compétences afin de former des médecins de famille pouvant prodiguer des soins complets, continus et globaux [1].
La communication, la collaboration et le professionnalisme font partie des sept compétences CanMEDs. L’évaluation de ces compétences transversales est cependant un défi en pratique, notamment en raison de l’absence d’instrument d’évaluation spécifiquement dédié et du temps requis pour observer suffisamment les résidents lors de leurs interactions avec les patients et les autres professionnels.
L’évaluation dite multisource provient du domaine industriel, au sein duquel elle a été développée comme outil de gestion pour fournir une rétroaction à propos de la performance d’un milieu grâce à des données recueillies auprès de différents intervenants. De plus en plus utilisée en pédagogie médicale, elle se distingue par le fait qu’elle englobe les points de vue d’acteurs autres que les cliniciens. Professionnels, agents administratifs, collègues et patients offrent leurs perspectives sur l’étudiant. Cet outil permet notamment d’offrir une rétroaction sur les compétences transversales généralement moins abordées par les cliniciens au quotidien [2].
L’évaluation multisource est utilisée dans certaines cliniques universitaires de médecine familiale (CUMF) affiliées à l’Université de Montréal depuis ces dernières années. Le comité de compétences du programme de résidence de médecine familiale a d’abord travaillé à élaborer un outil commun s’adressant aux différents professionnels de la santé et aux agents administratifs qui côtoient les résidents en clinique. Cet outil a été mis sur pied dans tous les milieux au printemps 2021.
Le comité de compétences planifie maintenant l’introduction des patients dans l’évaluation multisource en 2023 dans toutes les CUMF afin que l’outil de rétroaction soit utilisé de manière optimale pour évaluer les compétences de communication et de professionnalisme des résidents en médecine familiale.
En vue de cette implantation, nous nous sommes intéressés aux enjeux qui pourraient être soulevés par nos résidents et aux différentes pistes de solutions pour y répondre.
Revue de la littérature
Les résultats de plusieurs études qualitatives portant sur la perspective des résidents en regard de l’évaluation multisource ont permis de conclure que les résidents de différentes spécialités la trouvaient acceptable et pertinente [3–5].
Dans plusieurs études, les étudiants ont toutefois noté des enjeux, notamment les possibles répercussions sur la relation avec les patients ou les soins qu’ils reçoivent. Les étudiants exprimaient également un malaise à solliciter les patients pour une rétroaction. Enfin, certains étudiants se questionnaient sur la valeur ajoutée de l’évaluation reçue de la part des patients [3,6,7].
Les résultats de ces études ont permis de faire émerger certaines solutions pour faciliter l’acceptabilité de l’évaluation multisource et la rendre plus pertinente aux yeux des résidents. Parmi celles-ci, on proposait d’utiliser un instrument de rétroaction permettant des commentaires spécifiques plutôt qu’une échelle de score. On encourageait également la présence d’un clinicien de confiance pour faciliter une approche réflexive et un soutien en cas de rétroaction négative. Enfin, on suggérait d’utiliser un processus de sollicitation des patients qui n’implique pas le résident [3,6,7].
Ainsi, à la lumière des données des études présentées, l’évaluation multisource semble prometteuse dans le développement et l’évaluation des compétences de communication et de professionnalisme. Les résidents semblent la trouver pertinente et acceptable, mais plusieurs enjeux ont été soulevés chez les apprenants [6,7].
La littérature est toutefois limitée sur le sujet étant donné que l’évaluation multisource est encore rarement utilisée dans les programmes de résidence au Canada. Plus encore, aucune étude ne s’est penchée spécifiquement sur la perspective des résidents en médecine familiale au regard de la rétroaction obtenue de la part des patients pour les compétences de communication et de professionnalisme. Une étude supplémentaire nous parait pertinente considérant la valeur pédagogique de l’évaluation multisource et le fait qu’au terme de leur formation, les médecins de famille doivent maîtriser les compétences transversales nécessaires à la prestation de soins prodigués dans un modèle de centre de médecine de famille, tel qu’il est défendu par le Collège des médecins de famille du Canada [8,9].
Objectifs de l’étude
Notre projet visait à répondre à la question suivante : quels sont les enjeux (avantages, risques, barrières et facilitateurs) identifiés par nos résidents en médecine familiale face à l’utilisation d’une fiche de rétroaction conçue pour impliquer les patients dans l’évaluation multisource ?
Les objectifs du projet étaient les suivants : 1) identifier les enjeux nommés par les résidents en médecine familiale au regard d’une fiche de rétroaction destinée aux patients et de sa procédure d’utilisation en vue de sa mise en œuvre dans tout le programme de résidence ; 2) identifier des pistes de solutions permettant de répondre aux enjeux soulevés.
Méthodes
Cadre de référence
Nous avons utilisé comme cadre de référence l’évaluation participative. L’évaluation participative, telle que proposée par Daigneault et Jacob, comprend trois dimensions [10] : l’étendue de l’implication, la diversité des participants et le contrôle du processus évaluatif.
En effet, nous avons impliqué activement les résidents dans la conception de l’évaluation, qui s’est faite en collaboration avec des cliniciens et un patient partenaire. Les résidents ont également exercé un certain contrôle sur le processus évaluatif en expérimentant l’utilisation de la fiche de rétroaction et en émettant des jugements et recommandations qui seront utilisés pour sa mise en œuvre (Figure 1).
Orientations de l’étude et nature des données recueillies
Notre projet était de nature qualitative et avait des visées évaluatives et exploratoires. Nous nous situions dans un design visant l’évaluation de la faisabilité et de l’acceptabilité d’une l’évaluation multisource incluant les patients.
Phase 1 : Élaboration de la fiche de rétroaction
Pour répondre au premier objectif, nous avons élaboré une fiche de rétroaction formative pour notre étude, en collaboration avec le comité de compétences. Ce comité est constitué de cliniciens avec une expérience dans le processus d’évaluation, de résidents en médecine familiale et d’un patient partenaire.
Notre fiche de rétroaction (Annexe 1) a été élaborée à partir du questionnaire Communication assessment tool (CAT) ainsi que du formulaire conçu par le Toronto Western Hospital Family Heath Team [11,12]. Nous avons choisi de combiner des énoncés du questionnaire CAT et ceux du modèle du Toronto Western Hospital Family Health Team, car ce dernier laisse plus de place aux commentaires détaillés.
Phase 2 : Expérimentation de la fiche de rétroaction
Nous avons ensuite réalisé une étude de trois mois durant laquelle les résidents de trois CUMF ont testé la fiche de rétroaction et sa procédure d’utilisation lors de leur stage en clinique. Les rétroactions avaient une visée formative et n’avaient pas d’impact sur le rendement. Les médecins enseignants collaborateurs d’une CUMF distincte ont rencontré individuellement les résidents pour leur remettre les rétroactions une à deux semaines avant les entretiens de groupe.
Phase 3 : Retour sur l’expérience des résidents
Pour répondre au deuxième objectif, nous avons tenu des entretiens de groupe à la suite de l’étude dans chacune des CUMF. Enfin, nous avons rédigé une liste de solutions proposées par les résidents afin de répondre aux enjeux soulevés par ceux-ci.
Échantillonnage
Recrutement des cliniciens collaborateurs
Les médecins enseignants collaborateurs ont été sollicités par les responsables pédagogiques de chaque CUMF. Nous avons sélectionné un clinicien par CUMF et un remplaçant au besoin.
Recrutement des résidents
Les résidents ont été sélectionnés selon des critères en lien avec les objectifs de notre étude : trois CUMF déjà familières avec le processus d’évaluation multisource ont été sollicitées. Nous avons sélectionné un milieu en ville, un autre en milieu semi-urbain et un dernier en région afin d’avoir une population qui reflète bien la diversité de nos CUMF. Les cliniques universitaires retenues pour la participation au projet furent les CUMF de Mont-Laurier, de St-Hubert et des Faubourgs. La direction du programme a été informée de notre étude. Elle n’a émis aucune objection au recrutement des résidents.
Nous avons fait le choix de réserver l’étude et les entretiens de groupe aux résidents de deuxième année qui avaient déjà une expérience avec le processus d’évaluation, ce qui facilitait leur processus de réflexion en regard de l’outil d’évaluation proposé. Les CUMF participantes comptent entre quatre et dix résidents de deuxième année.
Recrutement des patients
Les patients ont été sélectionnés pour fournir leur rétroaction selon un échantillonnage aléatoire systématique. À chaque demi-journée lors du projet, un chiffre d’un à six a été tiré au hasard sur la base du principe selon lequel les résidents de deuxième année voient six patients par demi-journée. Par exemple, si le chiffre trois était tiré, le troisième patient sur la liste des rendez-vous de chaque résident participant était sollicité (s’il s’était présenté au rendez-vous). Sinon, un autre patient était sélectionné au hasard. Le parent/tuteur légal a été recruté dans le cas d’un mineur ou d’un majeur inapte.
En moyenne, les résidents font de deux à trois jours de clinique par semaine lors du stage de médecine familiale. En planifiant que notre projet s’étendait sur 12 semaines et que les résidents sont présents six à huit semaines sur 12 à la CUMF, nous prévoyions de recruter 12 à 24 patients par résident. Les patients ont été sollicités par courriel ou par la poste. Les patients avaient jusqu’au 1er décembre 2021 pour nous faire parvenir leur rétroaction.
Après un mois, nous avons noté qu’en sollicitant un seul patient par jour, nous obtenions moins de 25 % de taux de réponse. Nous avons alors décidé d’en solliciter aléatoirement deux par jour. Malgré cela, notre taux de réponse restait similaire. Nous avons donc choisi de recontacter tous les patients en novembre pour leur offrir une compensation financière pour leur participation sous forme de certificat-cadeau d’une valeur de 20 $. À la suite de cette mesure, notre taux de réponse est passé de 17 à 26 %.
Recueil des données
Notre grille d’entretiens et le déroulement de ceux-ci ont été inspirés du guide publié par l’association internationale en éducation médicale portant sur l’utilisation des entretiens de groupe en éducation médicale [13,14]. Les entretiens de groupe ont été divisés par CUMF afin de pouvoir dégager un effet de milieu le cas échéant lors de l’analyse des données. Chaque entretien a regroupé entre trois et cinq participants. Les entretiens étaient d’une durée de 90 minutes maximum et ils ont eu lieu à distance par l’intermédiaire de la plateforme Zoom durant le mois de décembre 2021.
La chercheuse principale a occupé le rôle de facilitatrice lors des entretiens de groupe afin de minimiser les risques de biais de censure qui pouvaient se produire en présence d’un facilitateur qui aurait été impliqué dans le processus d’évaluation des résidents. La trame audio des entretiens a été enregistrée pour faciliter la transcription et pallier l’absence d’un preneur de notes. La participation était conditionnelle à l’acceptation de l’enregistrement.
La transcription des entretiens de groupe s’est faite sous forme de verbatim par segments de questions. Il n’y a pas eu d’identification alphanumérique des participants afin de faciliter la transcription, car nous ne jugions pas que cela était nécessaire pour l’analyse des données. Nous avons engagé une agence de transcription professionnelle en raison de l’absence de soutien administratif, le tout par souci de respecter notre échéancier.
Analyse des données
Nos données issues des entretiens de groupe ont fait l’objet d’une analyse thématique descriptive qui nous semblait appropriée pour une approche qualitative exploratoire. Nous nous sommes inspirés de la méthode d’analyse thématique par étapes de Green et Thorogood [14]. Il y a eu d’abord une réécoute des entretiens et une lecture des verbatim. Ensuite, il y a eu une condensation des données pour identifier des thèmes et des catégories, puis nous avons procédé à l’analyse thématique à l’aide de nos grilles.
Nous avons utilisé une approche semi-inductive. La première grille utilisée pour le codage des données était la grille d’entretiens. Le deuxième outil utilisé était une grille créée de manière inductive à partir des réponses et commentaires des participants et qui regroupait les différents enjeux identifiés durant le projet ainsi que des pistes de solutions. L’analyse de données a été assistée en recourant au logiciel NVivo et nous avons utilisé comme référence le manuel de Jackson & Bazeley [15].
Consentement et confidentialité
La participation des médecins collaborateurs, des résidents et des patients a été entièrement volontaire. Ils ont été informés qu’ils pouvaient se désister à tout moment du projet. Les formulaires d’information et de consentement ont été complétés par les médecins collaborateurs et les résidents avant le début du recrutement des patients. Tous les patients ayant participé ont également donné leur consentement au projet.
Résultats
Participants
Sur les trois sites, 17 résidents de deuxième année sur un total de 22 ont accepté de participer au projet. Cependant, certains ont dû être exclus du projet, car ils étaient absents plus de six semaines sur 12 en raison d’un stage à l’extérieur. Au total, 13 résidents sur 17 ont complété l’étude ; 12 résidents sur 13 ont participé aux entretiens de groupe.
Cent trente cinq patients ont été sélectionnés au total dans les trois CUMF. Parmi ceux-ci, 115 ont accepté d’être recrutés pour le projet. Parmi ces 115 patients, 30 ont complété la fiche de rétroaction (taux de réponse = 26 %) ; 27 rétroactions sur 30 ont été remises aux résidents. Deux rétroactions n’ont pu être remises car elles ont été reçues après la fin du projet. Une rétroaction a été jugée non pédagogique, car moins de 5 % de la fiche de rétroaction était complétée et aucun commentaire spécifique n’y était inscrit.
La participation des patients a été hétérogène dans les trois milieux. Chaque résident a reçu en moyenne deux rétroactions de la part des patients, mais deux résidents n’en ont reçu aucune (Figures 2 et 3).
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Figure 2 Participation des résidents. CUMF : Clinique universitaire de médecine familiale ; R2 : résidents de deuxième année du programme de médecine familiale ; Focus group : groupe de discussion focalisée. |
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Figure 3 Participation des patients. CUMF : Clinique universitaire de médecine familiale. |
Résultats de l’analyse thématique
Acceptabilité de l’évaluation par le patient
De manière générale, le Tableau I montre que les résidents ont jugé la rétroaction des patients comme étant acceptable. Le processus semble avoir généré peu d’anxiété, car ils étaient déjà accoutumés à recevoir des évaluations de la part des médecins et des professionnels. Cependant, ils ont jugé la fréquence actuelle des rétroactions (toutes confondues) trop élevée, ce qui constitue une barrière à l’acceptabilité. Enfin, le fait que les patients étaient perçus par les résidents comme des acteurs clés pour évaluer leurs compétences transversales a semblé favoriser l’acceptabilité de cette évaluation.
Enjeux liés à l’acceptabilité d’une nouvelle fiche de rétroaction pour les patients.
La mise en œuvre de l’évaluation par le patient
Tel que présenté dans le Tableau II, des risques associés à la mise en œuvre ont été relevés, en l’occurrence le biais de sélection et le risque d’impact sur le lien thérapeutique en cas d’implication des résidents dans le recrutement des patients. Le processus de recrutement des patients utilisé pour notre projet semblait toutefois minimiser ces risques. La fiche de rétroaction testée a été jugée comme un outil acceptable et facile d’utilisation. Selon les résidents, elle présentait l’avantage d’augmenter l’objectivité de l’évaluation. Les résidents se sont sentis à l’aise qu’un clinicien leur remette les rétroactions, mais auraient préféré que ce soit un professionnel externe au processus d’évaluation global comme un(e) psychologue.
Enjeux liés à la procédure d’utilisation de l’évaluation par le patient.
La prise en compte de la rétroaction du patient pour l’évaluation du résident
Le Tableau III montre que les résidents ont noté des enjeux liés à la prise en compte de la rétroaction du patient dans leur évaluation globale. Ils ont soulevé l’enjeu de représentativité des rétroactions par le patient. Le contexte de continuité des soins dans le stage en médecine familiale constitue selon eux un élément facilitant la représentativité des évaluations. Néanmoins, les résidents ont jugé qu’un certain nombre de rétroactions est requis pour rendre l’évaluation valide, surtout en cas de discordance entre les observations faites par les cliniciens et professionnels et celles provenant des patients. L’utilisation de l’observation directe (à la caméra) a été présentée comme un facteur facilitant l’intégration des rétroactions des patients à l’évaluation, en accréditant ou en nuançant certaines observations. Le sort des résidents en difficulté a également fait l’objet de discussions. Les milieux de formations actuels étaient perçus comme des environnements d’apprentissage sûrs, ce qui faciliterait l’utilisation de la rétroaction des patients même chez les résidents éprouvant des difficultés. Néanmoins, les résidents ont relevé le risque que la rétroaction du patient augmente le niveau de détresse de leurs collègues.
Enjeux liés à la prise en compte de la rétroaction du patient pour l’évaluation globale du résident.
La pertinence de l’évaluation par le patient
Les données du Tableau IV montrent que les résidents ont jugé pertinente l’évaluation reçue par les patients. Celle-ci offre selon eux l’avantage d’être un outil concret pour améliorer leurs habiletés de communication ou leurs techniques d’examen physique. L’utilisation déjà répandue d’outils pédagogiques visant à sensibiliser les résidents à leurs habiletés de communication leur a permis de reconnaître plus facilement la valeur ajoutée de la rétroaction des patients pour l’atteinte des compétences transversales.
Les enjeux liés à la pertinence de l’évaluation par le patient.
Les enjeux de l’évaluation sur la relation avec le patient
Les résultats du Tableau V montrent que les résidents ont soulevé des enjeux liés à l’impact de l’évaluation sur leur relation thérapeutique. Parmi les risques relevés, les résidents ont noté une possibilité que leur attitude envers les patients soit modifiée du fait de savoir que ceux-ci pouvaient les évaluer. De plus, une inquiétude était présente quant au risque de contre-transfert envers un patient à la suite d’une rétroaction négative. Les résidents craignaient aussi que certains patients refusent d’être honnêtes dans leurs rétroactions par crainte de représailles. Le recrutement anonyme et aléatoire des patients permettrait toutefois de réduire ces risques.
La gestion des rétroactions négatives a été perçue comme un enjeu supplémentaire en raison du lien étroit existant entre la satisfaction des patients et la qualité de la relation thérapeutique. Les résidents accordaient une valeur pédagogique aux rétroactions négatives, mais indiquaient que le fait de vouloir préserver le lien thérapeutique était une barrière limitant la tenue d’une rencontre de débriefing avec un patient à la suite d’une entrevue difficile. Les résidents ont mentionné que la possibilité de faire un retour avec un médecin superviseur pouvait toutefois faciliter la gestion des rétroactions négatives en leur offrant le support et l’empathie recherchés.
Les enjeux de l’évaluation sur la relation avec le patient.
Discussion
Retour sur les enjeux liés à l’implication des patients dans l’évaluation des résidents
Avantages
La rétroaction reçue par les patients a été jugée pertinente de la part de nos résidents. Elle fournirait une valeur ajoutée au processus d’évaluation déjà en place en approfondissant l’observation des compétences de communication et de professionnalisme, moins souvent abordées au quotidien. Ces résultats s’accordent avec ceux d’études similaires [3–5].
Risques
Utilisation de l’évaluation à des fins de sanction
Nous avons obtenu un taux de réponse très faible de la part des patients, soit 26 %, même en leur offrant une compensation financière. Il est intéressant de constater que le taux de réponse le plus faible concernait la CUMF de Mont-Laurier où les patients n’avaient pas à être contactés au préalable pour obtenir leur consentement à l’utilisation de leurs données à des fins de recherche. Ils n’ont donc reçu que les invitations par courriel ou par la poste. Force est de constater que la sollicitation de vive voix semble avoir été un élément facilitant le recrutement, car cela permettait d’expliquer le projet et l’importance de l’implication des patients. La difficulté de recruter des patients était présente dans des études similaires. Pour y remédier, une étude utilisait du personnel dédié à la recherche pour recruter les patients [4]. Une autre étude suggérait de responsabiliser les patients à leur rôle dans l’enseignement des étudiants pour augmenter leur participation [7].
Bien que la rétroaction obtenue avait une visée purement formative, cette difficulté à recruter des patients soulève un enjeu sur la représentativité d’un petit échantillon d’évaluations dans une perspective d’utilisation à des fins de sanction. Une étude a toutefois fait l’exercice de comparer les évaluations des compétences transversales provenant de différents professionnels et patients au sujet d’un groupe de résidents en obstétrique-gynécologie. Ils ont noté une corrélation entre les évaluations des différents observateurs de sorte que le résident jugé le plus performant avait obtenu des scores très élevés chez la majorité des évaluateurs et inversement pour le résident jugé le moins performant [16].
Cette étude est en accord avec la réflexion de nos résidents, selon laquelle un apprenant rencontrant des difficultés sur les plans de la communication et du professionnalisme devrait normalement recevoir des évaluations attestant de ses difficultés de la part des médecins et professionnels de la clinique avant d’en recevoir de la part de ses patients. Néanmoins, en cas de discordance entre les observations des différents acteurs impliqués dans l’évaluation, il serait plus difficile de trancher sur l’atteinte des compétences transversales requises pour la réussite d’un stage ou pour la certification sanctionnant le programme de résidence en médecine familiale.
Faire face au patient insatisfait
La majorité des résidents éprouvaient un malaise à solliciter leurs patients pour une évaluation par crainte d’affecter leur relation thérapeutique. Ce malaise était surtout présent lorsque l’entrevue avait été jugée par ceux-ci comme ayant été difficile ou s’ils jugeaient le patient insatisfait de sa rencontre. Au contraire, quelques résidents voyaient une opportunité pédagogique à orienter la collecte des rétroactions auprès des patients avec lesquels l’entrevue avait été difficile. Dans une étude similaire de Castonguay et al. [4], les résidents sélectionnaient eux-mêmes les patients auxquels ils demandaient une rétroaction. Certains choisissaient délibérément des patients avec lesquels la relation leur semblait plus difficile afin de comprendre leurs perspectives et trouver des pistes d’améliorations. Une autre étude s’est intéressée au lien entre les sondages de satisfaction des patients et l’amélioration des compétences transversales chez les résidents [17]. Les auteurs ont noté que le niveau de satisfaction des patients pouvait signaler chez les apprenants un écart entre le niveau de performance attendu et l’objectif d’apprentissage. Ceci pouvait motiver les apprenants à redoubler d’effort pour satisfaire les patients, ce qui se reflétait par une amélioration des compétences transversales et du niveau de satisfaction des patients au cours de l’étude.
Les rétroactions négatives devraient donc être incluses dans le processus d’évaluation en raison de leur valeur pédagogique et de leur capacité à stimuler l’amélioration des compétences transversales chez les apprenants. Ceci permettrait, d’une pierre deux coups, d’augmenter le niveau de satisfaction de leur clientèle. Il faudra garder en tête que certains patients ne seront jamais totalement satisfaits et partager ce constat avec les résidents. Selon plusieurs études similaires, l’utilisation des rencontres de débriefing avec un médecin de confiance semble être la méthode à privilégier dans ces situations [3,4,6,17].
Facilitateurs et barrières
Le stage de médecine familiale semble un milieu d’apprentissage particulièrement propice à l’implication des patients dans l’évaluation multisource étant donné les sentiments de sécurité et de collaboration interprofessionnelle qui s’y dégagent aux yeux des résidents. L’évaluation participative semble avoir facilité la participation des résidents au projet et l’émergence de recommandations pour le comité de compétences. La barrière principale identifiée par nos résidents était la difficulté à recruter un nombre suffisant de patients tel que discuté précédemment.
Recommandations pour la mise en œuvre
Nos recommandations issues de notre expérience du projet et de l’analyse des données des entretiens de groupe sont regroupées dans le Tableau VI.
Recommandations pour la mise en œuvre de l’outil de rétroaction dans le programme de résidence en médecine familiale.
Forces de l’étude
Nous avons recruté suffisamment de résidents pour atteindre une saturation des données lors des entretiens de groupe. Un collègue chercheur a généreusement procédé au contre-codage des données de manière indépendante pour s’assurer de leur validité. Le pourcentage d’accord inter codeur était de 92 %, ce qui a été jugé satisfaisant.
Limites de l’étude
Notre projet s’est tenu sur une courte période et avec un nombre limité de participants, ce qui limite la généralisation de nos résultats. Bien que notre nombre de participants nous ait permis d’atteindre la saturation des données, il est possible que la participation d’un plus grand nombre de patients et de résidents dans d’autres CUMF aurait permis d’identifier plus d’enjeux et de pistes de solutions, ou de nuancer certains constats. Nous n’avons toutefois pas observé d’effet de milieu lors de notre analyse thématique.
De plus, nous avons sélectionné nos milieux pour satisfaire aux objectifs de notre étude, ce qui a pu entraîner un biais de sélection. En effet, les milieux sélectionnés étaient plus familiers que la moyenne avec l’évaluation multisource, ce qui a pu favoriser l’émergence d’opinions majoritairement favorables à la rétroaction par les patients. Il est également possible que les résidents ayant refusé de participer au projet avaient des opinions différentes de nos sujets, ce qui aurait pu nuancer nos résultats.
Ensuite, il est possible que le recrutement exclusif de résidents de deuxième année ait conduit à surestimer l’acceptabilité de la rétroaction par les patients. En effet, nos participants étaient plus expérimentés et plus confiants que les résidents de première année.
Enfin, il est possible que la chercheuse principale ait eu un biais d’interprétation des données étant donné son caractère novice et son expérience personnelle du processus d’évaluation auquel font face les résidents. Pour limiter ce biais, l’assistance d’un chercheur provenant d’une autre discipline a permis de valider l’interprétation commune des données durant le contre-codage.
Perspectives pour la recherche
Afin de valider l’impression des résidents en médecine familiale que l’évaluation par les patients leur permet d’améliorer leurs compétences transversales, il serait intéressant de comparer le niveau de performance de ces compétences lors des examens de certification à la suite de la mise en œuvre dans tout le programme de résidence. Il serait également pertinent de rencontrer les patients afin d’explorer leurs perceptions de l’impact d’une telle évaluation sur leur relation thérapeutique. Enfin, nous pourrions valider avec les patients si le fait de participer à la formation des médecins de famille leur confère un sentiment de valorisation et leur offre une opportunité concrète d’améliorer la qualité de nos soins.
Conclusion
Notre étude a mis en lumière différents enjeux liés à l’utilisation d’une fiche de rétroaction pour les patients impliqués dans l’évaluation multisource des résidents en médecine familiale. Bien que la rétroaction des patients semble prometteuse d’un point de vue pédagogique, les recommandations issues de notre projet pourraient permettre de peaufiner le processus d’évaluation afin d’améliorer son acceptabilité et faciliter sa mise en œuvre dans tout le programme de résidence en médecine familiale à l’Université de Montréal. Nous espérons que d’autres programmes de résidence pourront s’inspirer de notre projet pour instaurer l’évaluation multisource dans leur cursus.
Remerciements
L’auteure principale remercie toute l’équipe de professeurs du programme de maîtrise en éducation pour le soutien apporté et les conseils prodigués. Les auteures remercient tous les acteurs (collègues médecins, résidents, professionnels de la santé et agents administratifs) qui ont participé au travail.
Financement
Ce projet a été élaboré pour satisfaire aux exigences du travail dirigé du programme de maîtrise en éducation (M. Éd) − option pédagogie des sciences de la santé − de l’Université de Montréal.
La chercheuse principale a obtenu la bourse « Promotion 1961 » offerte par le Centre de pédagogie appliquée aux sciences de la santé de l’Université de Montréal.
Conflits d'intérêt
Aucune des deux auteures ne déclare de conflit d’intérêts en lien avec le contenu de cet article. Elles sont cependant toutes les deux impliquées dans le programme de résidence concerné.
Contribution des auteurs
Lysiane Dallé a élaboré le projet de recherche dans le cadre d’un travail académique de maîtrise en éducation. En tant que directrice du projet de maîtrise, Isabelle Gosselin a participé à la conception du projet et de la fiche de rétroaction ; elle a révisé les versions successives du manuscrit.
Approbation éthique
Notre projet a été évalué et approuvé par le Comité d’éthique et de la recherche en éducation et psychologie de l’Université de Montréal en juillet 2021.
Annexe
Fiche d’observation/rétroaction (dernière version de décembre 2022)
Nous apprécions votre point de vue en tant que patient et nous aimerions obtenir votre aide. Dans notre clinique, nous formons des résidents qui deviendront médecins de famille. La communication et le professionnalisme sont des compétences importantes pour un médecin de famille.
Veuillez nous aider en remplissant ce formulaire afin que le résident qui travaille avec vous puisse continuer à améliorer ses compétences. Votre identité restera confidentielle. Le présent formulaire sera remis au responsable de l’enseignement de votre résident.
| Nom du résident : |
| Veuillez encercler le chiffre qui convient à votre réponse | ||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Je remplis ce formulaire pour … | 1 = Moi-même | 2 = Pour un proche | 3 = Pour un enfant | |||||||||
| J’ai vu ce résident … | 1 = une fois | 2 = entre 2 et 4 fois | 3 = plus de cinq fois | 4 = plus de 10 fois | ||||||||
| La visite d’aujourd’hui était principalement pour … | ||||||||||||
| 1 = nouveau problème | 2 = le suivi d’un problème de santé | 3 = une combinaison de problèmes nouveaux et anciens |
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| 4 = remplir des formulaires | 5 = examen de routine | 6 = autre : ________________________ | ||||||||||
| Aujourd’hui, lors de la visite médicale … | Encerclez oui ou non ou ne s'applique pas | |||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1. J’ai été accueilli.e par le résident d’une manière qui m’a fait sentir confortable | Oui | Non | ||||||||||
| 2. J’ai pu exprimer librement la ou les raisons de ma visite | Oui | Non | ||||||||||
| 3. Mes inquiétudes ont été adressées | Oui | Non | Ne s’applique pas | |||||||||
| 4. J’ai été bien compris | Oui | Non | ||||||||||
| 5. J’ai compris l’essentiel de la discussion (vocabulaire adapté) | Oui | Non | ||||||||||
| 6. J’ai été traité.e de manière respectueuse | Oui | Non | ||||||||||
| 7. J’ai pu poser mes questions | Oui | Non | Ne s’applique pas | |||||||||
| 8. J’ai pu donner mon opinion sur mon traitement et/ou sur les recommandations proposées | Oui | Non | ||||||||||
| 9. Je me suis senti.e à l’aise durant l’examen physique | Oui | Non | Ne s’applique pas | |||||||||
| Commentaires ciblés |
|---|
| CONTINUER : Identifiez tout ce que le résident a bien fait |
| AMÉLIORER : Avez-vous une suggestion pour le résident ? |
| Autres commentaires |
Merci pour votre précieuse collaboration !
Adapté du questionnaire CAT et du formulaire de rétroaction du Toronto West Hospital Family Health Team.
Références
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Citation de l’article : Dallé L, Gosselin I. Implication des patients dans l’évaluation multisource : élaboration et évaluation d’un outil de rétroaction destiné aux résidents en médecine familiale. Pédagogie Médicale 2024:25;27-40
Liste des tableaux
Enjeux liés à l’acceptabilité d’une nouvelle fiche de rétroaction pour les patients.
Enjeux liés à la prise en compte de la rétroaction du patient pour l’évaluation globale du résident.
Recommandations pour la mise en œuvre de l’outil de rétroaction dans le programme de résidence en médecine familiale.
Liste des figures
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Figure 1 Cadre de référence de l’évaluation participative selon Daigneault et Jacob [10]. |
| Dans le texte | |
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Figure 2 Participation des résidents. CUMF : Clinique universitaire de médecine familiale ; R2 : résidents de deuxième année du programme de médecine familiale ; Focus group : groupe de discussion focalisée. |
| Dans le texte | |
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Figure 3 Participation des patients. CUMF : Clinique universitaire de médecine familiale. |
| Dans le texte | |
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